F. Bruttin

16, ch. des Trois-Nants

CH-1288 Aire-la-Ville

Switzerland

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Hommages à...

Les divers travaux conceptuels recensés ici sont des archives de projets datant des années 2006 à 2008. Je travaillais avec l'artiste Julian Caron-Lys dans le cadre du collectif "Ah ouais! Ah ouais!". Certains projets furent réalisés, d'autres restèrent en suspens... Veuillez noter que si vous voulez voir ma production actuelle, vous la trouverez dans les galeries.

 


 

 

 

Le collectif a toujours porté un regard critique mais aussi admiratif envers les travaux de grands acteurs de la scène contemporaine et/ou de célèbres penseurs. Ces maîtres inspirèrent de nombreux autres artistes dont nous faisons partie. Voilà pourquoi il nous semblait aimable de leur rendre hommage en leur consacrant ces quelques modestes pièces.

A travers cette série, nous avons pris plaisir à restructurer des concepts existants, des idées ou des projets moyennant diverses approches. Que ce soit en redistribuant les rôles, en apposant en guise de clin-d'oeil notre griffe ou en ajoutant un nouveau point de vue à une œuvre préexistante, découvrez à votre tour une nouvelle manière de voir les choses !

La plupart de nos travaux sont inspirés d'un concept crée de toute pièce par le collectif que nous avons appelé "l'art évènementiel".

 

L'art évènementiel

 

« Quand je danse, je danse; quand je dors, je dors; voire et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi. » Michel de Montaigne

« L’art évènementiel » est une forme d’art que l’on peut qualifier de « personnalisée » parce qu’elle est orientée pour toucher une personne en particulier ou plus rarement un groupe de personne partageant des traits culturels communs (constituant la ou les « cibles »). Dans tous les cas, l’artiste tente de nouer un lien entre son travail et un public qu’il a au préalablement ciblé de manière la plus exhaustive possible.

Le but recherché par les artistes issus de l’art évènementiel est de créer auprès du public cible, en le mettant en contact avec la pièce d’art qui lui est destiné, une véritable onde de choc parasitant l’espace d’un instant tout jugement de valeur. Dans l’idéal, toute la puissance des œuvres se dégage sur la psyché du public visé à l’instant où  celui-ci prend conscience de l’existence de celles-ci. Cet art s’articule donc autour de l’idée d’un « moment clé » où la relation prend forme entre la pièce de l’artiste et son destinataire, seul véritable moment ou l’œuvre est complète. S’il partage bien certains traits avec l’art éphémère, cette définition semble trop restrictive pour s’appliquer complètement à l’art évènementiel. En effet, une fois l’effet de surprise dépassé, il reste pour la plupart du temps un support, que l’artiste à modelé afin d’obtenir l’effet escompté. Ainsi, si « l’œuvre » est à proprement incomplète avant et après l’instant clé, il n’en demeure pas moins qu’elle est exploitable par une galerie ou un musée. Reste alors au public ciblé de fixer la destinée du travail de l’artiste au cours du temps en décidant d’entretenir ou non la relation et les sentiments que lui inspire l’œuvre.

Pour résumer, on peut diviser grossièrement le processus qu’implique « l’art évènementiel » au cours du temps en trois étapes.

La première consiste en une étape de préparation et de réalisation où l’artiste se renseigne sur le public cible et conceptualise une idée afin d’exacerber un sentiment chez ce dernier. Une fois son but atteint, il passe à la réalisation de son projet et met place une « œuvre en devenir ». Le statut de l’œuvre reste flou, incertain, puisque l’œuvre n’a pas encore été mis en contact de son public, elle n’est « œuvre » que potentiellement et en partie. (Parallèle avec la « Fonction d’onde » en physique quantique).

Le second temps est l’instant où l’œuvre revêt toute sa splendeur puisqu’elle prend son sens. Cette étape est très brève et correspond à l’instant « t » où la victime est mise en contact avec l’œuvre en devenir. Lors de ce bref instant de confrontation suprême, c’est de l’alchimie du travail de l’artiste avec la cible qui va concrétiser ce qui sera l’œuvre finale. L’artiste vise à ce que tous les sentiments du public cible soient parasités par la violence de l’effet de surprise. (Parallèle avec la « réduction des paquets d’ondes » en physique quantique). Ainsi à l’image d’un promeneur solitaire en balade qui se retrouve soudainement nez à nez avec une bête sauvage, le spectateur se voit délesté de son « je » l’espace d’un instant illimité.

Très rapidement, le troisième temps balaie l’instant de surprise pour laisser la place à une phase où l’œuvre reprend son statut incomplet puisque le support qui engendra l’œuvre est maintenant « connu » rationnellement par le public cible qui l’a analysé à l’aide de son système cognitif. C’est durant cette longue étape que le devenir du support est fixé, soit il est exposé, soit il ne l’est pas parce qu’il revêt un caractère trop dérangeant ou trop intime.

Découvrez nos travaux se rapportant à ces idées via le menu de gauche.